Trois rapports sur le pic pétrolier

08 février 2010

L’excellent rapport « Global Oil Depletion, An assessment of the evidence for a near-term peak in global oil production » de l’UK Energy Research Council (UKERC) passe en revue et compare un nombre impressionnant d’études, de méthodologies, de bases de données de l’industrie, et de prévisions concernant la date du pic de production. Parmi les conclusions, on notera :

    - le taux de déclin des gisements actuellement en production s’accélère. Plus des deux tiers des capacités de production existantes doivent être remplacées d’ici 2030 pour empêcher la production de diminuer.

    - bien que de grandes quantités de pétrole conventionnel puissent exister, il est peu probable qu’on puisse y accéder rapidement, ce qui pourrait n’influencer que de manière modeste la date du pic global de production.

    - Un pic de production de pétrole conventionnel aura lieu vraisemblablement avant 2030, et il existe un risque significatif d’avoir ce pic avant 2020. Etant donné le temps nécessaire pour développer des carburants de substitution et augmenter l’efficacité énergétique, ce risque doit être pris en compte sérieusement.

Le rapport « Peak Oil Market, Price dynamics at the end of the oil age » de la Deutsche Bank prévoit un pic global d’ici 2016. A partir de l’examen de l’histoire des marchés pétroliers, l’étude indique que les moments où la production atteint un pic sont marqués par des prix et une volatilité qui explosent à la hausse. Ainsi, dans l’histoire, trois phases présentant ces caractéristiques pourraient être distinguées. La première eut lieu lors du pic de production des Etats-Unis (1972), qui fut marqué par les deux premiers chocs pétroliers. La seconde vient d’avoir lieu, le pic de production Non-OPEP étant vraisemblablement atteint, ce qui expliquerait les prix de 2007-2008. La troisième phase aura lieu avec le pic mondial, probablement au cours des 6 prochaines années par sous-investissement. Le rapport est cependant très optimiste pour le futur, misant sur une transition massive des transports vers l’électricité, un rôle accru du gaz qui reste bon marché, et une diminution à long terme des prix du baril vers 100$ après une flambée initiale des prix.

Le rapport « Building a positive future for Bristol after Peak Oil » effectué à la demande du Conseil Municipal de la ville britannique de Bristol et du Partenariat Stratégique Local de Bristol (Bristol Partnership) passe en revue l’impact et les conséquences du pic pétrolier et du déclin de la production mondiale de pétrole pour chaque aspect de la vie de la cité : transport, alimentation, services publics, économie, électricité, etc.