Pic pétrolier : pic de l’offre, pic de la demande, et autres pics.

Entre juillet et décembre 2013, le Comité pics de pétrole et de gaz du Parlement wallon effectuait une enquête publique sur les liens entre l’économie et le pic pétrolier, et les implications pour la Wallonie[1]. En lisant les soumissions reçues, nous avons rapidement été plongés dans l’ambiance qui caractérise la plupart des débats sur le pic pétrolier : d’interminables dialogues de sourds qui opposent sans fin « optimistes » et « pessimistes » des ressources. Ces batailles ont des sources multiples:

  • les formations des personnes, leurs croyances et idéologies. On retrouve de grandes disparités, notamment parmi les personnes ayant fait des études supérieures, selon qu’elles aient été formatées en sciences dures, en sciences de l’ingénieur, ou en sciences économiques;
  • l’intrication de facteurs géologiques, physiques, techniques, économiques, et géopolitiques, qui laissent des angles morts dans les analyses de spécialistes ayant, comme le suggèrent ce nom, des connaissances peut-être excellentes, mais limitées à leur(s) domaine(s) de compétences ;
  • la difficulté à mettre la main sur des données utiles et de qualité, noyées parmi de nombreuses données douteuses et biaisées par de puissants intérêts politiques et économiques ;
  •  le manque de consensus sur la définition-même de pic pétrolier.

C’est le problème de définition que nous abordons ici. Il est lié aux trois points précédents et conduit à de flagrantes contradictions, que l’enquête du Parlement wallon avait d’ailleurs relevées dans les propos des participants. Citons deux exemples. La branche wallonne d’Essenscia[2], la fédération belge des industries chimiques et des sciences de la vie, y affirmait tout d’abord que la théorie du pic pétrolier est plus un mythe pour étudiant en économie qu’une réalité de terrain, puis que la raréfaction des produits pétroliers dans un avenir plus ou moins proche les préoccupe, et que le pic pétrolier pourrait le plus affecter notre économie via les coûts du transport. Le citoyen Marc Blasband[3], quant à lui, voyait le pic comme un argument théorique et abstrait, une fraude intellectuelle, mais le considérait ensuite comme l’un des grands dangers qui guettent l’Humanité. En lisant ces documents, il était difficile de savoir quelles réalités les auteurs considéraient tour à tour sous l’étiquette pic pétrolier. Etait-ce la possibilité d’un déclin futur de la production pétrolière, ce qui correspond à la définition première du pic pétrolier ? Ou bien était-ce d’autres réalités associées, comme le timing de ce déclin, ses causes, ou les modèles utilisés pour le prévoir ? On y trouvait certainement un peu de tout ça à la fois .

Le pic pétrolier, c’est le maximum de la courbe de production pétrolière.

Revenons à la définition première du pic pétrolier. Il s’agit du maximum de la courbe de production pétrolière, que cette production soit d’un puits, d’un gisement, d’une région, d’un pays, ou du monde entier. Et comme le pic pétrolier est un maximum, il marque aussi le moment à partir duquel la production annuelle va commencer à diminuer. Ainsi défini, le pic pétrolier est avant tout un fait, ce qui est rarement compris comme tel. Jean Laherrère écrit que certains prétendent que le « peak oil » est une théorie non-scientifique, ignorant que la majorité des pays producteurs ont vu leur production décliner après un pic : le pic de la Mer du Nord est un fait, non une théorie[4].

Tant que le pic pétrolier ne concernait que des gisements individuels ou des provinces pétrolières, il n’y avait rien à redire. C’est un inconvénient caractéristique de toute exploitation de ressource non renouvelable, auquel les compagnies ont dû faire face depuis toujours en allant développer de nouveaux gisements. Mais voilà ! la réalité du pic pétrolier prend une toute autre dimension lorsqu’elle s’applique au monde entier et non plus seulement à des gisements individuels ou des pays: depuis le milieu du XIXème siècle, la croissance continue de la consommation de pétrole a nourri l’expansion humaine; voir cette consommation diminuer jusqu’à retomber progressivement à zéro constitue un changement inédit. A n’en pas douter, un historien du futur se penchant en arrière sur ce moment y décèlera des bouleversements économiques et politiques majeurs. C’est donc sur le pic pétrolier appliqué au monde entier que la controverse porte, en particulier sur le moment où le plafonnement de production aura lieu, sur ses causes, et sur les conséquences.

Le pic pétrolier est souvent vu comme un pic de l’offre, de nature géologique.

Nous avons présenté le pic pétrolier comme un fait. Il s’agit d’une trajectoire pétrolière qui pour une raison ou pour une autre atteint un maximum avant de décliner ; les causes du changement de trajectoire sont laissées en suspens. Est-ce dû à un épuisement des ressources ? Est-ce dû à une volonté de laisser le pétrole restant sous terre pour des raisons environnementales ? Rien n’est dit à ce sujet. Cependant, le terme de pic pétrolier est relativement récent et a été popularisé fin des années 1990s par les travaux de deux géologues, Colin Campbell et Jean Laherrère, qui ont fait leur carrière dans l’industrie pétrolière[5]. Très rapidement, le pic pétrolier a été vu comme un pic de l’offre, de nature géologique. C’est souvent en ce sens que le terme pic pétrolier est utilisé. Il ne s’agit donc plus seulement d’un fait, mais d’un fait lié à une cause, d’origine naturelle qui plus est et sur laquelle l’Homme aurait peu de prise. La fatalité du pic pétrolier marquerait le retour de limites naturelles qui s’opposent au progrès et à l’ingéniosité humaine vus comme illimités. Le pic pétrolier est ici en droite ligne des travaux du Club de Rome sur les limites à la croissance. Rien d’étonnant à ce qu’il déchaîne les mêmes passions et la même résistance.

Dans sa définition la plus complète interviennent les autres contraintes.

La définition précédente de pic de l’offre est incomplète. Les pics des trois énergies hydrocarbonées en Grande-Bretagne montrent que la géologie n’est que l’un des rouages de la mécanique d’extraction d’une ressource fossile. Ces rouages étant en contact étroit, une contrainte qui apparaît sur le rouage géologique se transmet aux autres rouages : les flux d’investissements augmentent (rouage financier), les compagnies développent de nouvelles technologies (rouage technologique), les gouvernements ouvrent de nouveaux territoires aux forages (rouage (géo)politique). C’est en ce sens que les hommes ont agi, depuis toujours. Il s’agit d’une course permanente qu’ils ont jusqu’à présent remportée à l’échelle mondiale, mais qui est perdue sur le long terme, vu la nature non renouvelable de la ressource. A mesure que les volumes demandés par le marché augmentent, à mesure que la contrainte géologique augmente par épuisement des plus grands gisements, arrive un moment où les efforts des hommes n’arrivent pas assez vite pour empêcher un plafonnement de la production, puis son déclin. Ca s’observe au niveau local. Ca s’observera au niveau mondial. C’est inévitable, à moins qu’un pic de la demande n’ait lieu avant (voir plus bas). Comme la contrainte géologique se propage aux autres facteurs de production, un pic de l’offre se marque inévitablement par des tensions sur les facteurs humains; on entend dire que les flux d’investissements sont insuffisants, que l’accessibilité des territoires est insuffisante. Il est donc plus rigoureux de considérer le pic pétrolier comme un pic de l’offre dû à la conjonction de contraintes géologiques et humaines, et non plus seulement à cause de la géologie. C’est cette définition complète de pic pétrolier que nous utiliserons.

Il y a maintenant autant de définitions de pics que de contraintes à la production.  

C’est ici que ça devient intéressant. Car selon la proportion de facteurs humains que les uns et les autres injectent dans leur définition de pic pétrolier, confusions et dialogues de sourds peuvent vite s’installer, chacun ayant un référentiel différent.

A Davos en 2010, Thierry Desmarest, Président du conseil d’administration de Total affirme que le problème du pic pétrolier subsiste, qu’il pourrait survenir dans les dix ans avec un niveau de 95 mb/j,  que le problème n’est pas celui de réserves insuffisantes, mais la difficulté à les produire[6]. Desmarest a utilisé la définition complète de pic pétrolier, où dominent ici les contraintes humaines, même s’il ne les précise pas. L’année suivante, Christophe de Margerie, PDG de Total, reprend les propos de Desmarest. Il dit que la production de pétrole brut plafonnera à 95 mb/j au cours de la décennie 2020-2030[7]. Deux ans plus tard, il dit à nouveau que le niveau de production de pétrole devrait commencer à plafonner vers 2020-2025, non par manque de ressources mais à cause de difficultés à transformer les ressources en réserves développées[8]. Bref, rien de nouveau par rapport aux dires de Desmarest. Mais, ô surprise, là où Desmarest nommait ce plafonnement de production « pic pétrolier », de Margerie l’appelle « pic de capacité » et affirme que le pic pétrolier n’est plus d’actualité. La différence entre les deux hommes est un problème de délimitation du périmètre des contraintes. Quand de Margerie affirme que le pic pétrolier n’est plus d’actualité, il le réduit certainement à sa dimension géologique, et rebaptise le pic pétrolier dans sa définition complète « pic de capacité » ; le pic pétrolier de Desmarest est le pic de capacité de de Margerie.  

En 2011, de Margerie affirme qu’à force de chercher toujours plus profond, dans des zones toujours plus inhospitalières, avec des technologies toujours plus complexes, les coûts explosent. Claude Mandil, ancien directeur de l’Agence Internationale de l’énergie (AIE), se demande si à la place du pic pétrolier il ne faudrait pas plutôt parler de « pic d’argent »[7] ; en d’autres termes, les flux financiers vers le secteur pétrolier n’augmenteraient pas assez vite pour permettre de faire face à l’épuisement des anciens gisements. Mais l’augmentation des investissements pour maintenir la croissance de la production est précisément l’un des symptômes de l’arrivée du pic pétrolier, et peut devenir une contrainte majeure. Ici, Mandil réduit le pic pétrolier à sa dimension financière (pic d’argent ou pic financier), comme de Margerie le réduisait à sa dimension géologique (pic géologique).

Avec du recul, on voit que les craintes de Mandil furent exagérées ; l’argent est bel et bien arrivé. Le rouage financier fut largement sollicité dans le développement massif des pétroles de schiste aux Etats-Unis. Après la crise de 2008, les taux sont tombés à des niveaux historiquement bas, d’énormes liquidités ont été injectées dans l’économie par les politiques monétaires non-conventionnelles de la FED, et face à ces conditions, les investisseurs en pétroles de schiste ont montré une grande patience à supporter des cash-flows libres négatifs récurrents (Figure 1). Soulignons que c’est à la suite du plafonnement de la production de pétrole conventionnel que les prix du pétrole se sont envolés et ont contribué à déclencher la crise financière de 2008. Ainsi, un pic de l’offre qui a duré de 2004 à 2008 a bousculé les règles du jeu financier, rendant possible les conditions d’un report dans le futur de ce même pic de l’offre. Dans ses plans d’urgence pour amortir un déclin de la production pétrolière mondiale par des substituts liquides, Hirsch estimait que de très lourds investissements seraient nécessaires. Par exemple, développer des unités de liquéfaction du charbon (CTL) nécessiterait de 5 à 10 G$ par an sur 10 ans pour arriver à une pleine capacité de seulement 800.000 b/j [9]. Dans la réalité, ce n’est pas le CTL qui est arrivé, mais les pétroles de schiste. Alors que le déclin du pétrole conventionnel n’a pas encore commencé, l’arrivée des pétroles de schiste est en soi équivalente à un plan d’urgence massif: environ 75 G$ par an pendant près de 10 ans pour obtenir des capacités de productions de 6 mb/j (Figure 1)[10].

Le rouage financier est certainement l’une des clés du timing du pic pétrolier. Il n’est en effet pas exclu qu’un tel scénario se répète à l’avenir, que le pic de l’offre soit à nouveau repoussé par une nouvelle dose de créativités financières et de politiques monétaires non-conventionnelles permettant des injections massives d’argent vers des projets pétroliers (les extra-lourds du Canada et du Venezuela sont appelés à suivre, et leur rythme de croissance pourrait s’en retrouver dynamisé), dans la mesure où le système financier le supporte . Dans le cas contraire, un krach de la finance mondiale plongerait le monde tout d’abord dans un régime de pic de la demande, puis suivrait quelques temps après un pic de l’offre ; car contrairement au CTL, les pétroles de schiste nécessitent un roulement ininterrompu des investissements ; environ la moitié de la production provient de nouveaux puits qui sont forés dans l’année.

Figure 1: Cash flow libre, dépenses en capital, et production de LTO aux USA, selon l’IEA (juillet 2018).

En réduisant le pic pétrolier à l’une de ses dimensions, on peut imaginer d’autres dénominations de pics, par exemple le « pic géopolitique ». Les ressources sont là, mais l’accès aux ressources est ralenti car, à tout moment à travers le monde, certains pays sont en guerre, d’autres ont des politiques nationalistes, ou des politiques fiscales ou environnementales contraignantes, d’autres encore décident d’extraite le pétrole à des débits plus faibles pour le faire durer, etc. Ca a toujours existé et ça existera toujours. Aussi faut-il tenir compte qu’un pic de l’offre surviendra toujours en avance par rapport à une situation idéalisée où les contraintes géopolitiques n’existent pas. On peut même affirmer que les événements géopolitiques seront omniprésents dans tout pic de l’offre, puisque les capacités excédentaires de production qui amortissent traditionnellement les aléas géopolitiques auront disparues ; le moindre événement géopolitique verra ses effets exacerbés. On peut se douter qu’en cas de pic de l’offre, la tentation sera forte de mettre la contrainte géopolitique au premier plan dans les discours pour expliquer la stagnation puis le déclin de la production mondiale. Dans ce cas de figure, la dissimulation du rôle des autres contraintes sera un véritable frein à la prise de mesures appropriées, et source de grandes tensions internationales.

On peut aussi imaginer un « pic technique ». Dans des scénarios datant de 2006 (Figure 2), Yves Mathieu, alors à l’IFP, parle d’une production limitée technico-économiquement de 2006 à 2028, puis d’un déclin géologique à partir de 2028 [11]. On appréciera les nuances introduites dans ces scénarios, qui relèvent un glissement de l’importance des contraintes au cours du temps, les contraintes dominantes étant dans un premier temps technico-économiques, dans un second temps géologiques.

Figure 2: Scénarios probables et possibles de production pétrolière. Yves Mathieu, IFP 2006.

D’autres contraintes encore existent, comme les accidents et les aléas climatiques (ouragans, froids polaires) qui peuvent paralyser ou détruire des infrastructures. Ces phénomènes jouant à la marge, il est peu probable qu’on nomme un pic de l’offre « pic de catastrophes », mais dans les moments de marché tendu, lorsque les capacités excédentaires de production sont faibles ou inexistantes, tout se joue à la marge précisément, et le passage d’un ouragan dans le Golfe du Mexique peut entraîner sur le court ou moyen terme des effets aussi significatifs sur les prix et les approvisionnements qu’un événement géopolitique. Les catastrophes rejoignent d’ailleurs les événements géopolitiques dans les unes des journaux pour expliquer les fluctuations quotidiennes des marchés pétroliers .

Depuis quelques années est apparue la notion de pic de la demande.

Nous avons défini le pic pétrolier comme un pic de l’offre. C’est le sentiment qu’un pic de l’offre se profilait dans un avenir rapproché qui a motivé la création vers 2001 d’un réseau informel de chercheurs sur le pic pétrolier appelé ASPO, dont vous lisez ici les pages de la section belge. C’est encore le pic de l’offre qu’on retrouve dans l’immense majorité des études sur le pic pétrolier publiées depuis la fin des années 1990s.

Depuis quelques années, une nouvelle source de confusion vient de l’utilisation du terme pic pétrolier pour décrire un pic de la demande. Selon ce point de vue, le développement de la voiture électrique, des substituts au pétrole, et des efforts accrus visant à diminuer les émissions de gaz à effet de serre pour lutter contre le réchauffement climatique entraîneraient une baisse de la demande de pétrole. Avec le pic de la demande, les ressources seraient abondantes mais l’Homme s’en détournerait et déciderait de les laisser sous terre.

On peut avancer dans ce débat avec des arguments objectifs, mais comme le débat sur le pic de l’offre, le débat sur le pic de la demande est marqué de passions et d’idéologie. Alors que le pic de l’offre consacre le retour de limites naturelles difficilement surmontables, le pic de la demande consacre au contraire la capacité de l’Homme à surmonter toute limite ; les progrès techniques seraient tellement importants qu’ils permettraient à l’Humanité non seulement de débloquer d’immenses quantités de ressources auparavant inaccessibles, mais aussi de se passer de ces ressources, qui sont la principale source d’énergie et de matière première ayant façonné notre mode de vie depuis plus d’un siècle. Pour BP, « la signification réelle du pic de la demande est qu’il signale un changement de paradigme, le passage d’un âge de rareté (perçue) à un âge d’abondance »[12]. Au pessimisme du pic de l’offre fait écho l’optimisme du pic de la demande.

Aux dates pour un pic de l’offre prévues par les uns, on trouve désormais aussi des prévisions de pic de la demande faites par d’autres. Pour la décennie 2020, Total prévoyait un pic de l’offre ; Shell y prévoit un pic de la demande. Dans les deux cas, offre et demande plafonnent puis déclinent. Dans les deux cas, d’immenses quantités de ressources sont laissées dans le sous-sol. Avec ces caractéristiques communes, un pic de l’offre pourrait très bien passer pour un pic de la demande dans certains discours à visées politiques. Mais pas dans les conséquences.

Le pic pétrolier peut ne pas être un pic mais un plateau.

Nous avons fait le tour des différents noms sous lesquels peut se cacher le pic pétrolier, en fonction de la contrainte mise en avant. Une autre source de confusion est la forme du plafonnement de la production pétrolière, car le terme de pic est utilisé – c’est une coïncidence malheureuse – à la fois comme synonyme de maximum de production et pour caractériser la forme ou la durée de ce maximum. Le pic pétrolier est un pic si le maximum est de courte durée, quelques années tout au plus, ou un plateau si le maximum est de longue durée, jusqu’à plusieurs décennies. Des précisions sont parfois ajoutées pour mieux caractériser la phase de plafonnement, comme une éventuelle période de basculement avant le pic ou le plateau, pendant laquelle le taux de croissance ralentit progressivement, ou d’éventuelles fluctuations marquant le plateau au gré des aléas économiques et géopolitiques, qui le transforment en un plateau ondulant, comme dans les scénarios d’Yves Mathieu (Figure 2)[11]. Dire que le pic pétrolier n’a pas la forme d’un pic mais d’un plateau ne remet pas en cause le pic pétrolier, la plupart des gens l’auront compris. Mais ces subtilités alimentent la confusion, comme dans un article de presse de 2018, où l’auteur annonce en titre Le pic pétrolier n’aura pas lieu car, on le comprend plus loin dans le texte, le pic pétrolier sera un « plateau pétrolier »[13]. Le titre rassurant aura marqué les lecteurs inattentifs, qui seront passés à autre chose sans réaliser que la réalité du pic pétrolier n’est pas remise en question.

Conclusions

Figure 3: Résumé des caractéristiques du pic pétrolier développées dans cet article.

Un pic pétrolier est d’abord un fait, le plafonnement de la production pétrolière avant un déclin. Mais derrière ce phénomène se trouvent des causes: des contraintes en sous-sol (contraintes géologiques, physiques) et au-dessus du niveau du sol (contraintes humaines) étroitement intriquées. Il convient d’évaluer chacune de ces contraintes, car en minimisant les interactions entre ces contraintes et en se focalisant sur une seule de ces contraintes, de nombreuses confusions peuvent émerger, conduire à des diagnostics erronés et alimenter des batailles sans fin qui risquent de paralyser toute prise de mesure visant à anticiper les conséquences du pic pétrolier, et qui continueront certainement à perturber le jugement et la prise de décisions pendant le franchissement du pic pétrolier.

Références:

1. ^ Brocorens P., Wautelet M., Serkine P., Rapport d’enquête publique du Parlement wallon sur les liens entre l’économie et le pic pétrolier, et les implications pour la Wallonie, 2014. Voir pdf. Pour voir la liste des contributions à l’enquête du Parlement, aller ici.
2. ^ Essenscia Wallonie, division régionale pour la Wallonie de Essenscia asbl, fédération belge des industries chimiques et des sciences de la vie, Soumission à l’enquête publique du Parlement wallon sur les liens entre l’économie et le pic pétrolier, et les implications pour la Wallonie, 2014. Voir pdf.
3. ^ Blasband M., Soumission à l’enquête publique du Parlement wallon sur les liens entre l’économie et le pic pétrolier, et les implications pour la Wallonie, 2014. Voir pdf.
4. ^ Laherrère J., Soumission n°2 à l’enquête publique du Parlement wallon sur les liens entre l’économie et le pic pétrolier, et les implications pour la Wallonie, 2014: Prévisions pétrole et gaz 1900-2100, Clarmix GEP/AFTP, 22 octobre 2013. Voir pdf.
5. ^ L’une des premières publications de Campbell C. et Laherrère J. ayant alerté sur le pic pétrolier est The end of cheap oil, Scientific American, March 1998. Voir pdf.
6. ^ RTE News, 28 janvier 2010. Voir pdf.
7. ^ Christophe de Margerie et Claude Mandil sur le Peak oil et Peak money au congrès mondial du pétrole à Doha, L’essentiel, 07 décembre 2011. Voir pdf.
8. ^ Interview de Christophe de Margerie, « Le changement climatique, c’est sérieux », Le Monde, 11 janvier 2013. Voir pdf.
9. ^ Hirsch R. L., Energy Policy, 881-889, 36, 2008; Hirsch R. L., World oil shortage scenarios for mitigation planning, Presentation to ASPO-USA, 17-20 octobre 2007. Voir pdf.
10. ^ World Energy Investment 2018, IEA.
11. ^ Mathieu Y., Quelles réserves de pétrole et de gaz?, Colloque « AFTP-IFP-CFE », 11 mai 2006. Voir pdf.
12. ^ Dale S., Fattouh B., Peak oil demand and long-run oil prices, BP, 2018 Voir pdf.
13. ^ de la Brosse J., article de presse Le pic pétrolier n’aura pas lieu, L’Express, L’Expansion, 09 avril 2018. Voir pdf.

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*


This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.